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Etude comparée d’Antigone de Sophocle, Jean Anouilh et Berthold Brecht

I Les versions d'Antigone 
A. Sophocle et la première version théâtrale d'Antigone 
B. L'Antigone résistante de Jean Anouilh 
C. Bertold Brecht et son Antigone contemporaine 

II. Etude des différents personnages 
A. Antigone, héroïne, résistante, ou simple femme 
B. Créon, du tyran à l'homme politique 
C. Le Choeur, quelle place et quel rôle dans les ouvrages ?

III. Les principaux thèmes d'Antigone 
A. La féminité 
B. Des lois religieuses à la morale 
C. La mort  omniprésente 
Résumé du commentaire de texte

Parmi tous les héros de mythes antiques, antigone est probablement le personnage qui a le plus été repris dans la littérature mondiale. Ce personnage féminin, résistante et courageuse, entêtée et jusqu’au-boutiste, représente pour beaucoup des valeurs morales à sauvegarder.
Pour rappel, le mythe d’antigone nous envoie en Grèce classique. Cette dernière est la fille de roi de Thèbes, Œdipe et de sa femme Jocaste. Ce mythe est donc le prolongement de celui d’Œdipe, qui, lorsqu’il se rend compte qu’il a tué son père et épousé sa mère, fuit de Thèbes. Dès lors, le pouvoir se voit partagé entre ses deux fils Etéocle et Polynice. Chacun doit régner à tour de rôle pour une année. Evidemment, à la fin de son année de règne Etéocle refuse de laisser la place à son frère Polynice. S’en suit un combat où les deux frères finissent par s’entre-tuer. La couronne revient donc à leur oncle Créon, frère de Jocaste. Ce dernier fait procéder à des funérailles pour Etéocle mais refuse d’enterrer Polynice. Quiconque tentera de lui donner une sépulture risquera la mort. La plupart des versions commencent à ce moment là.

[...] Ce thème est la trame du texte de Brecht. Ce dernier voit dans les Anciens ceux qui sont responsables de la guerre en Allemagne. Quelques hommes ont poussé le pouvoir à faire la guerre pour leur bien-être personnel, quitte à envoyer tout un pays et sa jeunesse dans les abîmes. Ainsi, au fur et à mesure des textes, le Chœur, qui était chez Sophocle, bon et un soutien pour Antigone, devient le responsable principal du drame chez Brecht. Chez Anouilh, ni responsable ni soutien, il est surtout hors du champ de l’action. [...]


[...] Que ce soit chez Sophocle, Jean Anouilh ou Bertold Brecht, Antigone n’est pas seulement une pièce de théâtre. C’est en effet également un moyen de décrire des situations humaines, un rapport aux lois écrites et aux lois de la morale. C’est aussi une réflexion, surtout au XXe siècle, sur les réactions de l’homme face aux périodes noires, de la guerre au totalitarisme. Etude des différents personnages : Chez les auteurs que nous étudions, des différences interviennent aux niveaux des personnages. [...]


[...] Entité indispensable dans le théâtre antique, le chœur est évidemment présent dans l’Antigone de Sophocle. Mais on le retrouve également dans la pièce d’Anouilh alors qu’il est remplacé par Les Anciens chez Brecht. On peut donc se demander quel rôle garde-t-il dans chacune des pièces. Dans le théâtre antique, le Chœur est composé d’au moins une dizaine de personnes et peut aller jusqu’à une cinquantaine (D’après les sources, ils étaient douze dans les représentations de la pièce de Sophocle). De manière générale, il s’exprime en chanson mais peut pourtant parler dans d’autres pièces. [...]


[...] Pour ce qui est de Brecht, l’enterrement voulu par Antigone pour son frère renvoie plus à la sphère profane qu’au religieux. En effet, je cite Moi. J’obéis à l’usage, et j’enterre mon frère. Toutefois, on peut également lier cet acte à des faits historiques qui se sont déroulaient durant la Seconde Guerre Mondiale. De la sorte, durant l’année 1941, on a appris qu’une jeune fille était allée recouvrir de terre le corps de son frère qui après avoir été exécuté était exposé à la vue de tous. [...]


[...] Dans l’Antigone d’Anouilh et de Sophocle deux visions de la loi s’affrontent. En effet, on a avec Créon une représentation des lois écrites, celles qui renvoient au décrets du prince proclamés par la voix d’un hérault, indique Simone Fraisse. Tandis que de son côté Antigone proclame la suprématie des lois non écrites, divines et éternelles chez Sophocle et de la morale chez Anouilh. Le décret promulgué par Créon qui pose problème à Antigone concerne le fait qu’il est interdit de donner une sépulture à Polynice, son frère, sous peine de mort. [...]


[...] Enfin, un dernier thème récurrent du théâtre de Sophocle consiste en la nature de son héros. Celui-ci est seul. Que se soit Ajax, Œdipe ou Antigone dans le cas qui nous concerne, il se bat seul face aux autres. Dans Antigone, sa sœur Ismène, malgré la demande d’Antigone, reste sourde à la volonté de sa sœur pour y préférer le respect de la loi dictée par Créon. La pièce Antigone aurait été écrite en 442 avant notre ère. Faisant partie d’un cycle de pièces dédiées à Thèbes, son histoire vient après celles racontées dans Œdipe et dans Œdipe Roi, même si Antigone a vraisemblablement été la première pièce rédigée. [...]


[...] En effet, des siècles ont passé depuis le texte de Sophocle et le rôle de la femme à évolué. Surtout, en France, on ne peut voir chez Antigone qu’une émanation du pays, une nouvelle Marianne, qui lève le bras et appelle à la révolte. L’Antigone de Jean Anouilh ressemble beaucoup à la Marianne de Delacroix, dans son tableau La liberté guidant le peuple. Au milieu des hommes, Antigone prend les armes pour se battre pour son idéal. En outre, son rapport à Hémon avec un amour très présent, est une façon d’humaniser Antigone, de lui redonner son rôle de femme pleine et entière. [...]


[...] Enfin, le Créon de Bertolt Brecht diffère également de la version originale. Plus proche de celui de Sophocle, il redevient un véritable tyran. Pourtant, il ne cherche en aucune façon l’intérêt de l’Etat. Créon lance une guerre inutile et impérialiste. Il s’agit en effet de s’approprier les mines de fer. Mais la guerre dure depuis trop longtemps et des mutineries éclatent. Les soldats refusent la discipline trop sévère et le roi est vaincu à la fois par la révolte morale d’Antigone coupable et innocente et le courage de la cité d’Argos. [...]


[...] Etude comparée d’Antigone de Sophocle, Jean Anouilh et Berthold Brecht Parmi tous les héros de mythes antiques, Antigone est probablement le personnage qui a le plus été repris dans la littérature mondiale. Ce personnage féminin, résistante et courageuse, entêtée et jusqu’au-boutiste, représente pour beaucoup des valeurs morales à sauvegarder. Pour rappel, le mythe d’Antigone nous envoie en Grèce classique. Cette dernière est la fille de roi de Thèbes, Œdipe et de sa femme Jocaste. Ce mythe est donc le prolongement de celui d’Œdipe, qui, lorsqu’il se rend compte qu’il a tué son père et épousé sa mère, fuit de Thèbes. [...]


[...] Ainsi, alors que Sophocle et Anouilh garde la même cause pour justifier la mort de Polynice, celle du combat fratricide, Brecht opte pour une raison totalement différente. Dans la version, Polynice se transforme en déserteur que les SS ont attrapé et pendu à un croc de boucher afin de le punir de son acte. On peut donc dire que la mort de Polynice déclenche inévitablement l’action des pièces mais que celle-ci revêt un aspect différent dans la pièce de Brecht. [...]

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